On a pu apprendre, dans le Figaro, que la réforme du CNRS prônée par Mme Pécresse, "consiste à réorganiser les disciplines scientifiques en leur donnant une vraie cohérence, une meilleure
visibilité et une plus grande ouverture vers l'extérieur notamment les universités."
Interrogeons nous donc un instant sur ce qu'est une DISCIPLINE. Si je ne me trompe il s'agit, dans le cas qui nous occupe, d'une école de pensée, d'une matière pouvant faire l'objet d'un
enseignement spécifique.
La définition même de discipline se réfère à un enseignement. Il ne peut donc y avoir de problème dans l'ouverture des disciplines à l'université. La question n'est-elle pas la fermeture des
universités sur les disciplines ? Que ceux qui n'ont jamais été confrontés à l'absurdité du découpage disciplinaire des commissions de spécialistes des universités me jettent la première
pierre.
J'ai, personnellement, un peu plus de mal à concevoir comment la réorganisation ministérielle des disciplines pourrait lui assurer une meilleure visibilité. A moins que faire piloter les sciences
de la vie par l'opérateur français du domaine biomédical soit une opération publicitaire !
Enfin où place-t-on les limites d'une discipline, et qui a autorité pour les placer ? La génétique est-elle une discipline, ou une partie de la biologie ? Idem pour la biodiversité ou l'écologie,
ou l'astrophysique, ou, ou ,ou …
Le CNRS étant censé couvrir tous les champs disciplinaires de la Science, la Ministre a décidé qu'il existait huit disciplines scientifiques. La définition des disciplines est donc politique.
Nous sommes ainsi rassurés sur la Cohérence …
Puisqu' "il faut en finir avec les rivalités stériles entre organismes", que ne commençons-nous par définir clairement les missions desdits organismes, afin de leur donner une meilleure visibilité,
et surtout de leur offrir la possibilité d'un véritable partenariat. Aucun découpage disciplinaire ne pourra réussir cet exploit. Peut-être que la création de l'Inserm reposait, en 1982, sur un
découpage disciplinaire entre le vivant tout-venant et le biomédical et la santé. Elle a établi les bases des rivalités stériles que la Ministre n'est pas la seule à regretter, et dont le CNRS fait
aujourd'hui les frais.