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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 18:27

affiche_octobre_rose.jpgL’agence Associated Press rapporte que, dans le Connecticut, une femme de 39 ans qui a subi une double mastectomie prophylactique après le résultat positif d’un test génétique de prédisposition au cancer du sein (BRCA2), a été licenciée par son employeur qu’elle avait mis au courant de sa situation médicale. La jeune femme a porté plainte auprès de la Commission américaine de l'égalité des chances et de la Commission du Connecticut des droits de l'homme et des chances.


Il s’agit d’une des premières plaintes connues depuis la promulgation de la Loi fédérale de non-discrimination sur la base d’informations génétiques votée par le Congrès américain  en 2008 (federal Genetic Information Nondiscrimination Act – GINA). La compagnie MXenergy qui l’employait et lui témoignait, avant son opération, sa satisfaction pour son travail, n’a pas commenté cette plainte.

Pourtant, lors de la publication de « GINA », le New York Times, dans son éditorial mis en ligne le 21 novembre 2009, soulignait : « The new law is an important step in protecting people who have inherited a predisposition to disease. It removes a significant obstacle to genetic testing, which can help prevent and treat serious illnesses. » (la nouvelle loi est une étape importante dans la protection des personnes qui ont hérité d’une prédisposition à une maladie génétique. Elle lève un obstacle majeur aux test génétiques qui peuvent permettre de prévenir et de soigner des maladies graves). Cet obstacle est-il réellement levé ?

Sur le site Internet du journal Le Monde du 5 mai 2010 qui rapporte cette nouvelle, certains commentaires stigmatisent la naïveté de cette femme qui n’aurait jamais dû prévenir son employeur de sa prédisposition génétique au cancer du sein. Y-aurait-il une éthique de la dissimulation ?

Il y a quelques temps, j’ai répondu pour le journal Le Nouvel Economiste (publié en ligne le 1er avril 2010) à la question « Faut-il autoriser le recours à l’ADN pour les assureurs et les recruteurs ? » : Il est inacceptable qu’un assureur puisse fonder l’acceptation d'un candidat à l'assurance sur un test génétique. Il en est de même dans le domaine de l'emploi. La loi de bioéthique de 2004 a réaffirmé que l’accès aux caractéristiques génétiques ne doit pas être détourné de fins médicales ou scientifiques. Les raisons principales en sont les suivantes. L’individu prédisposé à une maladie ou une particularité physique ou mentale ne peut être assimilé à un malade, alors qu’il ne présente aucun symptôme. Prédisposition ne veut pas dire détermination, sauf à nier l’épigénétique et l’influence de l’environnement. Etre capable d’obtenir une séquence d’ADN ne signifie pas qu’on comprenne sa signification en termes de physiologie. Peu de tests génétiques sont aujourd’hui en mesure de nous donner des informations claires sur le devenir de personnes. Nous fantasmons un peu sur la « boule de cristal ADN ». Rappelons-nous que la première discrimination génétique au niveau de l’emploi est celle du genre, sélection sur la présence d’un chromosome X ou d’un Y. Les motifs de discrimination sont légion, depuis toujours et pour longtemps encore. Introduire la haute technologie pour faire croire qu’on peut légitimer telle ou telle discrimination est totalement inacceptable. Enfin, le patrimoine héréditaire est une composante fondamentale de notre intimité. L’intrusion dans cette intimité est pour moi assimilable à un viol, particulièrement lorsqu’elle est motivée par des raisons mercantiles.

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 18:00

ScienceendangerLa Culture est l'un des mots est les plus difficiles à définir de la langue française.

Ah, si nous en étions restés à son sens premier se référant à l’idée de production agricole !?!

En fait, elle a autant de définitions qu’il y a eu d’auteurs qui ont tenté de la définir. Mon propos n'est pas ici d'apporter "ma" définition. Comment oserai-je ? 

Plus modestement, je voudrais tenter de confronter la science à nos conceptions de la culture, et ainsi défendre l’idée que la science doit retrouver sa place dans la culture générale, au lieu d’accepter son isolement dans une « culture scientifique » dont il est trop facile de dire « ce n’est pas pour moi ».


L’Académie française, dans la 9e édition de son dictionnaire, nous donne une définition très large de la culture : «ensemble des acquis littéraires, artistiques, artisanaux, techniques, scientifiques, des mœurs, des lois, des institutions, des coutumes, des traditions, des modes de pensée et de vie, des comportements et usages de toute nature, des rites, des mythes et des croyances qui constituent le patrimoine collectif et la personnalité d’un pays, d’un peuple ou d’un groupe de peuples, d’une nation

L’Unesco, dans le rapport final de sa conférence mondiale en novembre 1982, rejetait son acception restreinte de « belles-lettres, beaux-arts, littérature et philosophie », pour l’ouvrir à tout ce par quoi « une société et ses membres expriment leur sentiment de la beauté, de l’harmonie, leur vision du monde autant que leurs modes de création scientifique et technique et la maîtrise de leur environnement naturel

 

Ainsi, le vœux de l’astrophysicien Jean Audouze d’une réconciliation entre la science et la culture serait exaucé, et Claude Allègre, qui note que "il n’y a pas d’avenir pour un savoir humain, quel qu’il soit, en dehors de la culture, et il ne saurait être de culture dans le monde d’aujourd’hui qui tienne la science à distance", n’aurait aucune raison de s’inquiéter !

 

Mais si des scientifiques ne peuvent concevoir une culture qui exclurait la science, la réforme du lycée (cf article précédent), qui prétend favoriser l’accès des lycéens à la culture, dresse sur une page entière une conception de la culture sans qu’une seule fois le nom de SCIENCE soit prononcé.

C’est sans doute très bien de transformer un professeur en « référent culture », et de le charger d’animer la vie culturelle au sein du lycée. Mais, il semble que le but de tout ceci soit de ne développer que les pratiques artistiques, et d’animer “un enseignement transversal d’histoire des arts, porté par toutes les disciplines, à tous les niveaux du lycée”.

Le message est clair : la culture que le lycée a mission de développer est la culture artistique. Certes, c’est important. Je suis personnellement très sensible à l’art. Je pense même que l’art et la science ont beaucoup en commun, notamment le fait d’être inutiles et parfaitement indispensables, et que la recherche scientifique devrait être placée sous la tutelle du ministère de la culture.

Dans le texte gouvernemental, je doute que ce soit de cela qu’il s’agisse. On veut, comme c’est dans l’air du temps, distinguer culture et culture scientifique.


Et puisque celle-ci est plus aride et exigeante que celle-là ...


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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 16:45

Dans son avis N°109 sur la « Communication d’informations scientifiques et médicales, et société : enjeux éthiques », le CCNE a recommandé de : "Stimuler l'enseignement précoce des sciences : l’enseignement en classes primaires et secondaires influe profondément sur le niveau scientifique moyen de la population, et donc sur sa capacité à appréhender le langage de la communauté scientifique. (…) Il ne s’agit pas de favoriser l’enseignement des sciences aux dépens d’autres enseignements mais de les intégrer au mieux à ceux-ci (histoire, sociologie…). Il conviendrait par contre d’imposer la science en tant que partie intégrante de la culture générale en l’introduisant très tôt dans la formation scolaire mais aussi dans la formation des futures élites, qu’elles soient politiques, économiques, ou journalistiques".

L’éducation scientifique n’a pas progressé au même rythme que la mise à disposition d’un plus grand nombre de données et faits scientifiques, sur lesquels le citoyen n’est donc pas à même de porter un regard critique. Il est donc impératif que la transmission de l’information scientifique soit  rigoureuse et pédagogique.

Il s’y ajoute une méconnaissance de la démarche scientifique. L’esprit et les connaissances scientifiques, même les plus élémentaires, ne font toujours pas partie du savoir commun, de la culture. Il est regrettable que notre société ne se soucie pas, dans les faits, d'inculquer un esprit scientifique dès le plus jeune âge et donc d’éveiller les jeunes à la démarche scientifique. L’enseignement des sciences reste bien souvent au niveau de l’acquisition de connaissances, sans donner les clefs de cette acquisition. Cette démarche rationnelle, qui ouvre plus sur le questionnement que sur la certitude de faits, qui éduque à la remise en cause permanente, semble indispensable pour comprendre.

 

Condorcet considérait que « l’accroissement mécanique du savoir » ne suffit pas à promouvoir le développement scientifique et culturel des sociétés.  

 

Il faut que ce savoir soit rendu accessible aux citoyens, et donc enseigné.

 

En fait, il est paradoxal que plus la connaissance avance, et donc plus le nombre d’informations disponibles est important, plus il faut être en mesure de faire des tris, et donc d’évaluer pour soi-même la validité des faits scientifiques et donc des informations reçues. Cela demande de la méthode, et la science est là pour nous donner des clefs : la démarche scientifique.


Vers-un-nouveau-lycee-en-2010 127176Face à cette analyse, le gouvernement a publié sa réforme du lycée, dont les grandes lignes sont consultables sur le site du ministère de l’éducation nationale.

Cette réforme, après celle des collèges, a fait réagir vivement les professeurs de Sciences de la Vie et de la Terre, soutenus par d'éminents professeurs du Muséum national d'histoire naturelle et du Collège de France, ainsi que par le collectif Actionsciences de 14 associations qui critique l'équilibre général de la réforme.

En effet, on constate : 

1°) Une volonté de créer un "lycée qui favorise l'accès  à la culture, mais une culture dont la science est exclue (cette question sera reprise dans un prochain article sur ce blog) ; 

2°) la prétention de faire de la seconde "une vraie classe de détermination" grâce à deux enseignements d'exploration au choix, mais avec des choix très particuliers : le premier est entre sciences économiques et sociales et économie appliquée à la gestion, et le second entre l'un de ceux-ci et : sciences médico-sociales, biotechnologie, physique et chimie de laboratoire, littérature et monde contemporain, sciences de l’ingénieur, méthodes et pratiques scientifiques, conception produits industriels, ou arts (danse, musique, théâtre, cinéma).

 Et la SCIENCE dans tout cela ???


3°) une diminution du poids des matières scientifiques en classe de première pour les futurs scientifiques, particulièrement des SVT ;

4°) en Terminale S, l'affaiblissement du niveau des élèves dans les matières scientifiques  accentuera la désaffection pour les études supérieures scientifiques, constatée et dénoncée depuis plusieurs années.

 

 Avec Pierre Léna, on pourrait pourtant souhaiter que l’Ecole de la République ravive l’« esprit de la science », et enseigne la science en tant qu’aventure humaine, exercice de la raison et donc libération de la pensée. Au lieu de cela, elle a fait de la « science » à la fois un outil au service de la technique et de l’économie, et, pour nos jeunes, un outil de sélection au service d’un élitisme absurde qui les angoisse et les éloigne des études supérieures scientifiques.


 

«  Au niveau européen, la mise en place dès le plus jeune âge et "tout au long de la vie" d’une véritable éducation scientifique « citoyenne »  est un chantier prioritaire de la stratégie de Lisbonne  signée en 2000 et  renouvelée dans une série de mesures urgentes  en 2008. »

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 18:29

Les-Temps-modernes.jpg

On dit souvent que nous vivons dans une société de la connaissance.

Je pense que c’est faux !

La connaissance pure s’efface devant l’utilitarisme. La question du « à quoi cela sert-t-il » prévaut aujourd’hui, y compris sur la Science, ses principes, sa rigueur et sa démarche.


Nous cultivons une société de la technologie où seules comptent les applications de la science. Dans cette ligne, une phrase de Louis Pasteur qui m’a toujours dérangé : « Non, mille fois non, il n’existe pas une catégorie de sciences auxquelles on puisse donner le nom de sciences appliquées. Il y a la science et les applications de la science, liées entre elles comme le fruit à l’arbre qui l’a porté ». Non pas que cette phrase soit fausse ou déraisonnable lorsqu’elle est comprise pour elle-même, mais pour ce qu’elle offre comme possibilités de perversion et d’utilisations pour justifier la grande confusion dans laquelle on nous a entrainés, une confusion entre sciences et applications de la science, et même entre science et technologie.

En moins de cinquante ans, nous avons assisté au mélange intime de la science et de la technique, autrefois liées mais distinctes, pour créer l’empire de la technoscience. La Technoscience peut être définie, de manière ultime, comme la mainmise technique sur le monde. Elle correspond à une emprise toujours plus grande de la raison instrumentale. La réussite de ce processus de confusion a eu et a encore une influence considérable sur tous les pouvoirs, économique et politique, aussi bien que militaire.

Pierre-Henri Gouyon dénonce souvent, avec d’autres, la « fuite en avant » des technosciences, en évoquant le mythe de Dédale, qui tente de résoudre par toujours davantage de technique les problèmes à la fois techniques et éthiques posés par la technique.

Tout se résume à cette règle d’or : tout ce qui est réalisable doit être fait. Au point où l’être humain devient lui-même une « chose » manipulable.

Hannah Arendt a défini ce processus en termes d’aliénation du monde à un pur rapport utilitaire, fonctionnel, soustrait au questionnement de sens, aux raisons de vivre, au souci du monde et d’autrui. (La condition de l’homme moderne)

Rappelons-nous ce qu’écrivait Michel Freitag dans L’oubli de la société :

« En face de la guerre des étoiles, il y a la faim, le manque d’eau, l’errance.

Face à la "révolution informatique", il y a l’éducation gâchée, l’analphabétisme.

Face à la "création" de nouvelles espèces biologiques, il y a la menace qui pèse sur celles qui existent déjà dans leur propre "savoir-vivre", leur propre genre.

Face à l’affirmation du "tout est possible", il y a l’évidence sensible, morale, esthétique que tout ce qui compte existe déjà, sauf la justice entre les hommes ».

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 23:24

Nous vivons une époque formidable, dans tous les sens du terme : à la fois remarquable, extraordinaire, et terrifiant. !

Interdiction-de-fumer.jpgUn volcan islandais décide de braver les interdictions de fumer dans les lieux publics, et l’Europe se fige !

Plus d’avions !

Pas de Président français aux obsèques de son homologue polonais (décédé dans un avion qui avait décidé de braver le brouillard de Smolensk).

Première annulation d’une conférence Jacques Monod du CNRS pour cause de nuage nanoparticulaire d'origine magmatique.

Et on apprend aujourd’hui que les « toussoteries » du volcan Eyjafjöll ne doivent pas nous inquiéter, elles sont banales ! Beaucoup moins dangereuses pour le climat que celles du Pinatubo, nous dit-on … OUF !

Mais, nous sommes bloqués. Enfin, ceux d’entre nous qui espéraient ou devaient décoller là où les caprices du vent transportent les nuages acides de ce volcan dont la majorité d’entre nous ignorait l’existence il y a peu encore, et demeure incapable de prononcer le nom.

Comme quoi l’Islande n’est pas intéressante que pour la génétique humaine !

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 09:18

CNRS-avant-apres.gifDans le Monde.fr du 16 avril 2010, une ancienne chercheuse du CNRS coutumière des attaques contre l’institution qui l’a « nourrie » se pose la question : « Dans quelle direction va le CNRS ? ». Elle doit être une des rares à se poser la question. Non que cette question soit dénuée d’intérêt, mais que sa réponse est à peu près évidente pour tout observateur un peu attentif de l’évolution de cette vénérable institution (70 ans au compteur) ces dernières années.

Madame Elayi profite de cette tribune complaisamment offerte par le Monde à son discours coutumier pour asséner, une fois de plus, que, « concrètement, le CNRS paie cher ses erreurs passées, ses dysfonctionnements et son immobilisme, mais tous s'accordent à reconnaître que sa réorganisation était indispensable. Il est clair que le CNRS de demain ne ressemblera en rien à celui d'hier ». Pourtant, c’est une photo ancienne du siège du CNRS qui illustre l’article et le logo qui y figure n’a plus cours depuis plusieurs années !

Mais, trêve de plaisanterie, le CNRS de demain ne ressemblera plus à rien du tout, à part sans doute à une agence nationale de placement au service des universités libres (ou presque !), autonomes et concurrentes à défaut d’être compétitives. L’évolution, pour en arriver là a été longue, mais déterminée. Nous avons eu l’époque des attaques frontales, très politiciennes. Puis des tentatives qui paraissaient isolées et semblent aujourd’hui presque anodines telles que la création des unités mixtes de recherche dont on essayait de nous faire croire qu’elles étaient la concrétisation d’un partenariat entre le CNRS et l’Université alors qu’il s’agissait de la partie visible d’un jeu de dupes dont les chercheurs étaient les victimes parfois consentantes. Est venue ensuite l’acutisation avec la réforme technocratique du CNRS sollicitée puis torpillée par le pouvoir avant d’avoir pu voir le jour, puis le retour d’une ancienne directrice générale dont la mission était de faire exploser l’organisme en instituts dont beaucoup se demandent encore ce qu’ils apportent par rapport aux anciens départements scientifiques, à part l’explosion et la mise à mal de l’interdisciplinarité dont tout beauf politiquement correct se gargarise en empêchant les chercheurs de base de la mettre en œuvre. Dans cet historique, je n’ai pas, à dessein, mentionné la création de l’ANR et de ses tentations monopolistiques sur le financement de la recherche, la culture du financement exclusif sur projets qui substitue la recherche de fonds à la recherche de fond. J’ai également volontairement oublié la création de l’AERES dont je n’ai toujours pas compris ce qu’elle apporte à la qualité de l’évaluation des laboratoires par rapport au comité national de la recherche scientifique, par exemple. Maintenant qu’on estime l’institution CNRS suffisamment vidée de sa substance, on va l’asservir à une autre institution, l’université dont le dysfonctionnement et l’immobilisme n’ont rien à envier au CNRS.

Je sais, on va encore me dire que je suis négatif, outrancièrement pessimiste, grossièrement passéiste, et pourquoi pas « immobiliste ». Si j’assume totalement le fait d’être négatif, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de raisons d’être positif lorsqu’on assiste à l’élimination résolue d’une institution magnifique où tant de découvertes et surtout de recherches de très grande qualité et reconnues internationalement se sont faites et se font toujours aujourd’hui malgré le contexte difficile que j’ai résumé ci-dessus en quelques lignes. J’assume également le pessimisme car, ainsi que me le disais un ami il y a longtemps déjà, « le vrai optimiste, c’est celui qui pense que cela ne pourrait pas être pire », et je continue de penser que cela pourrait être pire ; d’ailleurs, cela le devient …

Mais, je ne peux pas assumer le qualificatif d’immobiliste car il est totalement opposé à la dynamique intellectuel du chercheur que j’ai la faiblesse de croire être toujours, pas plus que celui de passéiste. Je peux, et j’estime avoir le droit de n’être pas d’accord avec l’avenir que certains nous tracent et lui préférer un avenir choisi par ceux qui font la recherche et donc le progrès des connaissances.

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Patrick Gaudray - dans CNRS
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 22:14
D'accord, un blog, ce n'est pas fait pour cela, mais pourquoi ne pas faire un peu de pub pour la famille. Voici un film qui est le premier de mon fils Bastien :Affiche-LotD.jpg

Description :
Premier film produit auto-produit sous le label de l'association "Les idées du Garage", réalisé par Bastien Gaudray et Andy Jarrige.

48 heures dans la vie d'un Sorcier Vaudou qui élève son zombie.

Téléchargement gratuit à l'adresse suivante : http://dl.free.fr/tniaftrv2


Niveau de confidentialité :
Ouvert : tout le contenu est public.
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 21:11

En complément du billet posté hier, voici quelques lignes sur l'histoire de la médiatisation de la science. Bien évidemment, ce texte ne vise pas à l'exhaustivité : cet abrégé est partiel. Il est aussi partial, ... mais j'assume !

Au tournant du XVIème et du XVIIème siècle, des scientifiques décident de troquer le latin pour le français ou d’autres langues vernaculaires. Il faudra attendre un peu plus pour que les médecins généralisent ce changement d’attitude vis à vis de la communication vers un public plus large et diversifié, mais qui est encore loin d’être un public de masse.

Au XVIIIème siècle, au moins dans certain milieux, la science devient un phénomène de mode, voire un objet de spectacle. Les conférences côtoient des démonstrations publiques telles que des dissections de cadavres animaux ou humains. C’est l’époque des « cabinets de curiosités ». Le scientifique est le « savant ». C’est en 1793 qu’est créé le musée des arts et métiers, et un an plus tard le Muséum National d’Histoire Naturelle.

Le XIXème siècle est parfois appelé l’âge d’or de la vulgarisation : en 1837, l'Académie des sciences s’ouvre aux journalistes ; la presse quotidienne, modernisée à partir des idées d’Émile de Girardin, publie des feuilletons scientifiques mettant en scène observations, expériences et inventions.

Au XXème siècle les relations entre science et société se modifient radicalement. L’évolution des sciences est de plus en plus rapide, elles deviennent de plus en plus abstraites et complexes, et ont donc plus de mal à toucher le public. Il a fallu le Front populaire, la création du Palais de la Découverte en 1937, et les liens complexes entre un matérialisme croissant, un volontarisme à associer progrès scientifique et progrès social, et donc une certaine idéalisation de la science pour qu’elle retrouve une place importante dans la société.

C’est après la Seconde Guerre mondiale, et ses excès, tant dans le domaine de l’armement que dans les perversions de la médecine nazie qu’a commencé de se développer une suspicion sur les applications de la science, et, par contrecoup, sur le progrès des connaissances et la science elle-même.

On assiste, à partir des années cinquante, à une explosion du nombre des périodiques scientifiques sous l'impulsion des sociétés savantes. On estime qu’il existe aujourd’hui environ 200 000 revues scientifiques, techniques et médicales dans le monde. Pour l’année 2009, près d’un million (863 346 *) d’articles scientifiques sont répertoriés dans la seule base de donnée Medline des Instituts Nationaux de la Santé des USA.

Les centres de culture scientifique, technique et industrielle, les CCSTI, ont été créés dans les années 1970 avec pour mission de diffuser la culture scientifique auprès de tous les publics, en particulier les jeunes. Ils représentent un réseau de plusieurs dizaines de centres dont le cœur est la Cité des sciences et de l’industrie de La Villette à Paris. La fréquentation de ces centres et leurs actions vis-à-vis du public concernent environ deux millions de personnes. Leur rôle est notamment de favoriser la rencontre des scientifiques et des industriels, en particulier, avec le public, et de développer l’échange de l’information scientifique. Trois mille chercheurs participent à leurs activités de découverte de la science, de partage des savoirs en dehors de l’école et d’animation de débats science-société.

Dans le prolongement des Assises de la Recherche (1981), la loi d'orientation pour la recherche de 1982 reconnaît aux organismes de recherche et à leurs chercheurs une mission «dans la diffusion de l'information et de la culture scientifique et technique dans toute la population et notamment parmi les jeunes» (art 24).


* On n'en comptait qu'environ 445 000 en 1999 !! Et 213 000 en 1969.

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 18:09
Le 18 mars dernier, le Comité Consultatif National d'Ethique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a rendu un avis (N° 109), intitulé "Communication d’informations scientifiques et médicales, et société : enjeux éthiques".*

Cet avis fait suite à une réflexion menée en 1994-95 qui avait  produit l'avis N° 45, dans lequel l'accent était mis sur les diffuseurs d'information. Il appelait une suite lorsqu'il disait : "L'image d'Epinal d'une information que la recherche produirait en sa pureté et que polluerait l'intervention des médias est donc de plus en plus contredite par l'observation impartiale de la réalité. Dans la qualité de l'information biologique et médicale actuelle, la responsabilité de la collectivité scientifique est engagée."
La science entretient des relations complexes et difficiles avec les médias « grand public », en particulier audiovisuels, et ceci pour de nombreuses raisons : 

1.  La rigueur scientifique s’accommode souvent mal d’une nécessaire simplification du langage. La science a un contenu complexe.

 

2. Pour concilier vulgarisation et rigueur scientifique, le temps est un maitre exigeant, alors que la communication audiovisuelle exige de la rapidité, l’utilisation de petites phrases, si possible percutantes.

 

3.  Les médias dits de masse sont à l’affût du sensationnel. Or, la science évolue par petites étapes, et même les grandes rupture scientifiques ne sont, bien souvent, discernées qu’a posteriori, et donc pas dans une démarche de « scoops ».

 

4.  Le public, et donc les médias qui l’informent, s’intéressent à la science sous deux angles principaux, le récit, et donc les belles aventures scientifiques, et les applications de la science qui auront un retentissement positif sur leur vie quotidienne. Les applications de la science font un peu peur, et les belles aventures sont rares et peu de scientifiques sont capables de les apporter au public. La science produit peu de personnalités médiatiques.

 

5.  La science repose sur une remise en cause permanente des acquis. Le doute est un élément fondamental de la démarche scientifique. Or, le public attend et espère des certitudes

 

Qu’une information soit reprise par nombre de medias nationaux ou internationaux, qu’elle nous soit instillée et matraquée par journaux, radios, télévisions ou hommes et femmes poltiques n’en fait ni une vérité scientifique ni même une information vraie. On déclenche des courants, des peurs et paniques, des suspicions, etc, mais on n’informe pas, on ne permet pas au public de se faire une opinion personnelle, on ne l’engage pas à chercher plus loin, … à s’informer.
C'est un fait, regrettable hélas, que notre société ne se soucie pas, d'inculquer un esprit scientifique dès le plus jeune âge et donc d’éveiller les jeunes à la démarche scientifique. L’enseignement des sciences reste bien souvent au niveau de l’acquisition de connaissances, sans donner les clefs de cette acquisition. Cette démarche rationnelle, qui ouvre plus sur le questionnement que sur la certitude de faits, qui éduque à la remise en cause permanente, semble indispensable pour comprendre.
En fait, il est paradoxal que plus la connaissance avance, et donc plus le nombre d’informations disponibles est important, plus il faut être en mesure de faire des tris, et donc d’évaluer pour soi-même la validité des faits scientifiques et donc des informations reçues.
Cela demande de la méthode, et la science est là pour nous donner des clefs : c'est la démarche scientifique.


* Télécharegable ICI 
NB : Le site Net-iris, le portail juridique de l'information, a publié un article de veille  le mardi 30 mars 2010,dans le thème Bioéthique. Il est consultable ICI

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 17:52

Bonjour à ceux qui continuent de me rendre visite, malgré mon long silence. C'est vrai que, dernièrement, j'ai passé plus de temps à lire qu'à écrire. Mais, on va essayer de s'y remettre.

En attendant, je vous conseille de faire un tour du côté de Diaspar : http://sortirdediaspar.blogspot.com/  ICI
On se demanderait presque s'il n'y a pas un lien de famille !!??

A très bientôt,

Patrick

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