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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 23:30

 

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La Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme, adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en octobre 2005, mentionne, après un article relatif au "respect de la diversité culturelle et du pluralisme", et avant celui traitant de "responsabilité sociale et santé", que "la solidarité entre les êtres humains ainsi que la coopération internationale à cette fin doivent être encouragées". Elle ajoute que "les États devraient respecter et promouvoir la solidarité entre eux ainsi qu’avec et entre les individus, les familles, les groupes et communautés".


Le Nuffield Council on Bioethics a commandité un rapport sur la solidarité intitulé :  Solidarity: reflections on an emerging concept in bioethics, qui a été rendu public le 1er décembre 2011. Ce rapport définit "la solidarité comme la volonté des gens à aider les autres même si cela entraîne des « coûts »pour eux, comme le temps, l'investissement émotionnel et, dans certains cas, de l'argent. La solidarité peut avoir lieu entre deux individus, mais elle peut aussi être une pratique plus largement partagée de la société".

Le fait de définir la solidarité comme une volonté supposément individuelle au titre de la valorisation de l'autonomie, conduit certains à refuser de l'appliquer aux maladies soi-disant liées au «style de vie», telles que l'obésité, le diabète de type II ou certains types de cancer. Le droit d'accès aux services de santé financés par la solidarité nationale devrait ainsi être réservé aux personnes qui œuvrent à vivre une vie saine, excluant celles supposées être en défaut de solidarité par rapport à elles. Si la solidarité ne peut être réduite à une volonté individuelle, elle ne peut pas totalement lui échapper, et donc se résumer à un devoir. Le devoir de solidarité est une démarche morale personnelle. Même lorsqu'il est organisé de façon un peu rigide par la société, il résulte d'une acceptation, d'un vote au sein des sociétés démocratiques.

Plus qu'une volonté, la solidarité peut être perçue comme résultant d'un lien social a priori. Solidarité a la même étymologie que "solide" et "seul". On y trouve donc à la fois la notion d'entièreté, de tout, de cohésion et de force résultante (l'entrait de la charpente, pour prendre une image concrète). Si elle résulte d'un lien créé/accepté au titre d'une obligation solidaire, elle recouvre la notion d'interdépendance, de dépendance mutuelle entre personnes ayant ou ressentant le besoin qu'ils ont les uns des autres. En cela, la solidarité se distingue de la générosité qui n'implique aucun lien a priori et qui participe d'une démarche individuelle.


La reconnaissance d'une dépendance, d'une interdépendance entre personnes n'oppose pas, ne doit pas opposer formellement solidarité et liberté, sauf à faire de cette dernière un absolu fondé strictement sur un choix individuel, ou à n'envisager la dépendance qu'en tant que condition pathologique…

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