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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 16:45

Dans son avis N°109 sur la « Communication d’informations scientifiques et médicales, et société : enjeux éthiques », le CCNE a recommandé de : "Stimuler l'enseignement précoce des sciences : l’enseignement en classes primaires et secondaires influe profondément sur le niveau scientifique moyen de la population, et donc sur sa capacité à appréhender le langage de la communauté scientifique. (…) Il ne s’agit pas de favoriser l’enseignement des sciences aux dépens d’autres enseignements mais de les intégrer au mieux à ceux-ci (histoire, sociologie…). Il conviendrait par contre d’imposer la science en tant que partie intégrante de la culture générale en l’introduisant très tôt dans la formation scolaire mais aussi dans la formation des futures élites, qu’elles soient politiques, économiques, ou journalistiques".

L’éducation scientifique n’a pas progressé au même rythme que la mise à disposition d’un plus grand nombre de données et faits scientifiques, sur lesquels le citoyen n’est donc pas à même de porter un regard critique. Il est donc impératif que la transmission de l’information scientifique soit  rigoureuse et pédagogique.

Il s’y ajoute une méconnaissance de la démarche scientifique. L’esprit et les connaissances scientifiques, même les plus élémentaires, ne font toujours pas partie du savoir commun, de la culture. Il est regrettable que notre société ne se soucie pas, dans les faits, d'inculquer un esprit scientifique dès le plus jeune âge et donc d’éveiller les jeunes à la démarche scientifique. L’enseignement des sciences reste bien souvent au niveau de l’acquisition de connaissances, sans donner les clefs de cette acquisition. Cette démarche rationnelle, qui ouvre plus sur le questionnement que sur la certitude de faits, qui éduque à la remise en cause permanente, semble indispensable pour comprendre.

 

Condorcet considérait que « l’accroissement mécanique du savoir » ne suffit pas à promouvoir le développement scientifique et culturel des sociétés.  

 

Il faut que ce savoir soit rendu accessible aux citoyens, et donc enseigné.

 

En fait, il est paradoxal que plus la connaissance avance, et donc plus le nombre d’informations disponibles est important, plus il faut être en mesure de faire des tris, et donc d’évaluer pour soi-même la validité des faits scientifiques et donc des informations reçues. Cela demande de la méthode, et la science est là pour nous donner des clefs : la démarche scientifique.


Vers-un-nouveau-lycee-en-2010 127176Face à cette analyse, le gouvernement a publié sa réforme du lycée, dont les grandes lignes sont consultables sur le site du ministère de l’éducation nationale.

Cette réforme, après celle des collèges, a fait réagir vivement les professeurs de Sciences de la Vie et de la Terre, soutenus par d'éminents professeurs du Muséum national d'histoire naturelle et du Collège de France, ainsi que par le collectif Actionsciences de 14 associations qui critique l'équilibre général de la réforme.

En effet, on constate : 

1°) Une volonté de créer un "lycée qui favorise l'accès  à la culture, mais une culture dont la science est exclue (cette question sera reprise dans un prochain article sur ce blog) ; 

2°) la prétention de faire de la seconde "une vraie classe de détermination" grâce à deux enseignements d'exploration au choix, mais avec des choix très particuliers : le premier est entre sciences économiques et sociales et économie appliquée à la gestion, et le second entre l'un de ceux-ci et : sciences médico-sociales, biotechnologie, physique et chimie de laboratoire, littérature et monde contemporain, sciences de l’ingénieur, méthodes et pratiques scientifiques, conception produits industriels, ou arts (danse, musique, théâtre, cinéma).

 Et la SCIENCE dans tout cela ???


3°) une diminution du poids des matières scientifiques en classe de première pour les futurs scientifiques, particulièrement des SVT ;

4°) en Terminale S, l'affaiblissement du niveau des élèves dans les matières scientifiques  accentuera la désaffection pour les études supérieures scientifiques, constatée et dénoncée depuis plusieurs années.

 

 Avec Pierre Léna, on pourrait pourtant souhaiter que l’Ecole de la République ravive l’« esprit de la science », et enseigne la science en tant qu’aventure humaine, exercice de la raison et donc libération de la pensée. Au lieu de cela, elle a fait de la « science » à la fois un outil au service de la technique et de l’économie, et, pour nos jeunes, un outil de sélection au service d’un élitisme absurde qui les angoisse et les éloigne des études supérieures scientifiques.


 

«  Au niveau européen, la mise en place dès le plus jeune âge et "tout au long de la vie" d’une véritable éducation scientifique « citoyenne »  est un chantier prioritaire de la stratégie de Lisbonne  signée en 2000 et  renouvelée dans une série de mesures urgentes  en 2008. »

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commentaires

Bastien G 03/05/2010 02:05



L'école républi-quoi ?


Le but du jeu de cette réforme est d'essayer de caser des futurs chômeurs dans un système économique... La culture, j'en ai rien à cirer, dirait l'autre...



Patrick Gaudray 03/05/2010 15:46



Caine, comme Michael ou Horatio. Pour le reste, je te renvoie à Boby Lapointe :


La maman des poissons, (...) c'est pas elle qui les empêche, de s' faire des raies bleues sur le dos
J'en connais un qui s'est marié à une grande raie publique. Il dit quand elle lui fait la nique : "Ah! qu'est-ce qui tu me fais, ma raie !"



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