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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 21:11

En complément du billet posté hier, voici quelques lignes sur l'histoire de la médiatisation de la science. Bien évidemment, ce texte ne vise pas à l'exhaustivité : cet abrégé est partiel. Il est aussi partial, ... mais j'assume !

Au tournant du XVIème et du XVIIème siècle, des scientifiques décident de troquer le latin pour le français ou d’autres langues vernaculaires. Il faudra attendre un peu plus pour que les médecins généralisent ce changement d’attitude vis à vis de la communication vers un public plus large et diversifié, mais qui est encore loin d’être un public de masse.

Au XVIIIème siècle, au moins dans certain milieux, la science devient un phénomène de mode, voire un objet de spectacle. Les conférences côtoient des démonstrations publiques telles que des dissections de cadavres animaux ou humains. C’est l’époque des « cabinets de curiosités ». Le scientifique est le « savant ». C’est en 1793 qu’est créé le musée des arts et métiers, et un an plus tard le Muséum National d’Histoire Naturelle.

Le XIXème siècle est parfois appelé l’âge d’or de la vulgarisation : en 1837, l'Académie des sciences s’ouvre aux journalistes ; la presse quotidienne, modernisée à partir des idées d’Émile de Girardin, publie des feuilletons scientifiques mettant en scène observations, expériences et inventions.

Au XXème siècle les relations entre science et société se modifient radicalement. L’évolution des sciences est de plus en plus rapide, elles deviennent de plus en plus abstraites et complexes, et ont donc plus de mal à toucher le public. Il a fallu le Front populaire, la création du Palais de la Découverte en 1937, et les liens complexes entre un matérialisme croissant, un volontarisme à associer progrès scientifique et progrès social, et donc une certaine idéalisation de la science pour qu’elle retrouve une place importante dans la société.

C’est après la Seconde Guerre mondiale, et ses excès, tant dans le domaine de l’armement que dans les perversions de la médecine nazie qu’a commencé de se développer une suspicion sur les applications de la science, et, par contrecoup, sur le progrès des connaissances et la science elle-même.

On assiste, à partir des années cinquante, à une explosion du nombre des périodiques scientifiques sous l'impulsion des sociétés savantes. On estime qu’il existe aujourd’hui environ 200 000 revues scientifiques, techniques et médicales dans le monde. Pour l’année 2009, près d’un million (863 346 *) d’articles scientifiques sont répertoriés dans la seule base de donnée Medline des Instituts Nationaux de la Santé des USA.

Les centres de culture scientifique, technique et industrielle, les CCSTI, ont été créés dans les années 1970 avec pour mission de diffuser la culture scientifique auprès de tous les publics, en particulier les jeunes. Ils représentent un réseau de plusieurs dizaines de centres dont le cœur est la Cité des sciences et de l’industrie de La Villette à Paris. La fréquentation de ces centres et leurs actions vis-à-vis du public concernent environ deux millions de personnes. Leur rôle est notamment de favoriser la rencontre des scientifiques et des industriels, en particulier, avec le public, et de développer l’échange de l’information scientifique. Trois mille chercheurs participent à leurs activités de découverte de la science, de partage des savoirs en dehors de l’école et d’animation de débats science-société.

Dans le prolongement des Assises de la Recherche (1981), la loi d'orientation pour la recherche de 1982 reconnaît aux organismes de recherche et à leurs chercheurs une mission «dans la diffusion de l'information et de la culture scientifique et technique dans toute la population et notamment parmi les jeunes» (art 24).


* On n'en comptait qu'environ 445 000 en 1999 !! Et 213 000 en 1969.

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