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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 18:50
"Les Echos" du 18 juin rapportent les propos de Valérie Pécresse, Ministre de la Recherche : « Bloquer la tenue du conseil d'administration, qui est un lieu de dialogue démocratique, c'est aller contre l'intérêt des chercheurs »

Si le CA du CNRS est un lieu de dialogue démocratique, plaignons la démocratie !
N'est-ce pas ce même CA qui avait avalisé le projet de réforme de B. Larrouturou pour ensuite voter contre et créer une crise dont l'organisme n'est pas encore remis ?

Ils continuent avec Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, qui prétend que la majorité silencieuse des chercheurs est désormais prête à accepter le plan stratégique. « Il n'y a que 200 directeurs de laboratoire sur 1.200 qui sont opposés aux changements. »
Est-ce de l'auto persuasion ? Il ne s'agit certainement pas, en tout cas, d'une analyse scientifique des faits, étant donné le nombre de directeurs de laboratoire qui signent pétitions et appels dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne soutiennent pas la politique de Mme Bréchignac.

« C'est moi qui ai lancé l'idée des instituts pour améliorer la visibilité du centre et utiliser au mieux l'argent public ... », déclare-t-elle aux "Echos".
Il n'y a sans doute que la présidente pour ne pas se rendre compte que le CNRS est visible internationalement. Le réformer, certes, c'est sans doute nécessaire, mais pas dans cette confusion des motivations qui pollue aujourd'hui un débat fort peu démocratique.
Après l'achat d'un supercalculateur qui s'est fait sans concertation avec les autres organismes, et au détriment du budget du CNRS consacré à l'innovation, on peut légitimement douter de la volonté réelle de la présidente "d'utiliser au mieux l'argent public".
Enfin, je suis "heureux" de savoir enfin de qui vient la brillante idée de créer au CNRS de nouveaux Instituts disciplinaires au nom de l'interdisciplinarité, et surtout de laisser sur le côté Sciences de la Vie et Sciences et  Techniques de l'Information et de la Communication.
Le CNRS n'a pas besoin d'un quelconque ministre ou groupe de pression politique malveillant pour être menacé d'extinction. On s'en occupe de l'intérieur. cela me rappelle quelque chose, comme "mon Dieu, protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je n'en charge" !!!!

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Patrick Gaudray - dans CNRS
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Bastien 25/06/2008 15:04

Il me semble que cela fait bien longtemps que les Présidents du CNRS ne font qu'appliquer les exigences sans cesse en mouvement des ministres qui veulent marquer le monde de la recherche par LEUR réforme, qui n'est jamais aboutie et encore moins financée.
Aujourd'hui la Présidente croit que la peur vient du monde politique. Mais l'inquiétude des scientifiques vient d'abord du désordre, de la confusion et des contre-vérités assenées en continu.

Patrick Gaudray 25/06/2008 15:39


Oui, mais il fut une époque où les présidents du CNRS n'avaient que peu de pouvoir. C'est vrai que le prédécesseur de Mme Bréchignac a eu une influence déterminante sur le devenir de la réforme que
préparait Bernard Larrouturou, et dont on sait ce qu'elle est devenue. Je n'étais pas favorable à cette réforme là non plus, trop technocratique à mon goût. Mais, au moins, elle avait été discutée
avec les chercheurs. Comme tu le dis, elle a rejoint le nombre des réformes qui n'ont jamais abouti, moins nombreuse, certes que les lois qui ne sont jamais mises en application.
Désordre, confusion, et autres contre-vérités transforment un élan en mouvement brownien.  C'est important, le mouvement brownien, mais certainement pas si l'on veut aller quelque part !!!


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