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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 09:51

Nous vivons une époque formidable, disait Pierre Desproges, et c’est bien vrai. Alors que nous venons, dans l’ouest du pays, de vivre ce que les médias appellent un pic de pollution, dont l’intérêt majeur a été la gratuité des transports en Ile-de-France, les mêmes médias publient des informations chiffrées sur le nombre annuel de morts dues à la pollution dans le monde. Plus formés à l’arithmétique qu’au raisonnement, ils nous incitent à placer entre ces événements un « plus » et obtenir ainsi l’égalité suggérée selon laquelle il va falloir se décider à abandonner enfin le moteur Diesel, pourtant grand favori de nos concitoyens. Bien sûr, il convient de laisser le temps à l’industrie automobile de « se retourner », puisqu’il n’est pas de défis de santé publique qui résistent devant ceux de l’économie (voir l’illustration ci-dessous)

Il est vrai que malgré de nombreuses études toxicologiques aux résultats différents ou contradictoire, le caractère toxique ou cancérigène de la fumée de Diesel reste sujet de débat, voire de controverse scientifique, montrant que nous manquons d'études éco-épidémiologiques de qualité sur ce sujet. Néanmoins, il ne surprendrait pas grand monde que se confirme un risque accru de cancers liés aux fumées du moteur Diesel. On peut juste se demander pourquoi ne pas réaliser ces études en priorité, pourquoi celles-ci n’ont pas déjà été réalisées. Etonnant, non ?

Pourtant, même le journal « Les Echos » (17 mars 2014), s’interroge : Pic de pollution: le Diesel est-il vraiment le seul à blâmer ? La question traine, lancinante, comme si tout le monde ne savait pas déjà que les microparticules qui ont effacé la tour Eiffel du paysage parisien ne présentent pas la signature physicochimique des fumées de moteurs Diesel. Des « mauvaises langues » bien informées vont même jusqu’à dire qu’elles portent la signature de centrales thermiques fonctionnant au charbon, dont la réactivation a suivi l’arrêt de l’exploitation de l’énergie nucléaire outre-Rhin.

Tiens donc, le coup des microparticules de diesel ne serait-il qu’un écran de fumée ?

Il ne serait sans doute pas raisonnable de le penser alors même que la circulation alternée des véhicules automobiles (diesel en majorité) en cas de « pic de pollution » est un point fort des accords entre certains partis politiques à l’aube du second tour des élections municipales, à Paris notamment.

L’admettre serait alors penser que l’on se moque de nous, ou, dit autrement, qu’on nous soumet à un pic de pollution intellectuelle…

Pollution

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